Partager l'article ! Pourquoi les grandes maisons d’édition sont complètement déconnectées de la réalité...: Dans ma note précédente, je définissa ...
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Dans
ma note précédente, je définissais comme livre-étalon-nullité les bouses people que nous publions à longueur de temps. Si vous avez bien suivi mon premier laïus (ce dont je peux douter étant donné que la télévision était allumée à fond sur la roue de la fortune, au moment
où la blonde aux gros seins glousse à la suite d’une blague grivoise de notre ami Christophe, sous les jappements de joie du chien et du public), je parlais d’une radicalisation de la ligne
éditoriale.
Et qu’avons-nous en face de la vie larmoyante de Loana ? Si le témoignage crucial de Cathy « Super-Nanny » et de sa vie trépidante est le degré zéro de la littérature, quel est le degré maximum ?
Allons, réfléchissez un peu.
Bon, je donne la réponse : la littérature pompeuse, arrogante, indigente. Je me garderais bien de citer des noms, car il est toujours plus facile de taper sur Loana que sur Assouline (oups...).
Vous savez, cette littérature où personne ne comprend jamais rien mais fait croire l’inverse aux autres dans les soirées littéraires. Cette littérature où les auteurs se regardent écrire comme nos hommes politiques s’écoutent parler. Cette littérature récompensée par de nombreux prix, tout aussi indigents, où la forme de l’écriture occulte complètement la narration. Où les éditeurs peuvent se targuer d’avoir découvert un écrivain capable de faire un vrai travail sur la langue. Où, accessoirement, l’éditeur qui a vendu 300 exemplaires se vante d’avoir offert au monde une œuvre complexe qui n’est pas à la portée de tous les esprits...
St Germain Des Prés, c’est aussi cela. Pourquoi ? Parce que nous sommes français, donc arrogants, parce nous sommes parisiens, donc suffisants, parce nous avons l’impression d’appartenir à une élite intellectuelle donc insolents, et que nous avons l’impression de contribuer à façonner le monde par notre intellect, donc méprisants.
Nous sommes complètement déconnectés de la réalité, et nous avons besoin de marquer notre différence par rapport à vous, le bas-peuple, la masse de moutons bêlants qui achète Voici et autre (même si nous sommes nombreux à acquérir ce type de torchons, mais nous les lisons en cachette en plaçant le dernier Le Clézio sur la table du salon quand nous recevons). Alors tout ce que vous aimez nous le détestons. Pire encore, nous le méprisons. Ne comptez donc pas sur nous pour le publier.
Nous continuerons longtemps à diffuser nos bouses élitistes et indigentes. Et si, par malheur, vous vous appropriez une de nos pépites, nous nous empresserons de la jeter aux oubliettes et de la classer parmi la littérature « populaire ».
Parce nous sommes comme cela. Nous avons besoin de vous pour vivre, chers lecteurs, mais nous vous haïssons d’une force peu commune.
En plus, marc-Edouard Nabe risquera de nous acheter un exemplaire.
Allez, vendu. (enfin façon de parler)